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mardi 31 mai 2011
Malaise et management
Le suicide des personnels dans le cadre du travail pose un problème de fond quant à la manière d'envisager le malaise des collaborateurs. L'interférence vie professionnelle/vie personnelle reste un champ compliqué d'investigations car l'influence croisée est difficile à mesurer puisque les retombées de l'une sur l'autre et inversement s'automatisent au fil des années. Le nombre d'heures passé au travail fait que la vie professionnelle prend le dessus et le stress au travail vient rapidement polluer la vie familiale. Mais le contraire est vrai aussi dans ce contexte d'interférence inévitable. Le malaise est surtout une question d'environnement et de positionnement : la relation aux autres (hiérarchie, compétences, compétition) et adéquation à de nouvelles fonctions (adaptation, frustration, doute). Dès que l'un de ces aspects vient à produire une instabilité naissante l'action doit être immédiate pour tenter d'éviter une aggravation comportementale. La surveillance sur ces deux points, environnement et positionnement, devrait être dans les faits balisée par des repères ou marqueurs sensibles avec la mise en place d'un réseautage entre les individus. A l'heure des réseaux sociaux planétaires sur internet, il semble nécessaire de mettre en place des relations de ce type entre les individus au sein de l'entreprise mais sous la forme concrète d'un appui à caractère humain et convivial. Un espace d'échange et d'écoute entre collègues grâce auquel il serait possible de détecter la détresse évolutive d'une personne en dehors du poids hiérarchique et des remises en cause. La médecine du travail et les psychologues d'entreprise représentent à tort ou à raison un facteur de fragilisation dans l'esprit des personnes en dérive potentielle, et leur rôle doit s'envisager comme une étape envisageable et non plus comme un passage obligé et anxiogène dans la mesure où le réseautage permettrait l'installation de nouveaux relais. Voilà une piste à suivre, me semble-t-il, sans oublier bien sûr que le passage à l'acte, dans ces cas extrêmes et tragiques, reste souvent un mystère. Le suicide comporte des zones insondables (en dehors, peut être, du choix lié à la maladie et à la souffrance physique).
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