Concrètement la masse de travail tend à diminuer (dans la production industrielle un objet se fabrique avec de moins en moins de travailleurs et cette production se délocalise aussi) nous voyons donc que les progrès en terme de productivité amène moins d'intervenants dans la main d'œuvre, par contre le travail conceptuel s'accroît.
Il ne faut pas confondre diminution de la masse de travail et volume. En effet, un carnet de commandes bien rempli conduit à un volume de production en augmentation mais la masse de travail nécessaire pour ladite production est la même et la rationalisation des process peut évidemment la réduire encore.
Nous observons ainsi une flexibilité opportuniste en terme de production liée à l'activité (ou au manque d'activité) qui se gère en flux tendu relativement aux hommes ; le travail devient ainsi non plus statique dans le sens des forces à pérenniser mais élastique dans le sens de besoins ponctuels. La nature du travail change et il devient quasi occasionnel. Une carrière se fait de plus en plus par bouts (multi expériences) et non plus d'un seul tenant.
Relativement à la question des retraites en France, et particulièrement pour ce pays, nous constatons deux noyaux satellites de travailleurs directement utilisables en fonction de ces fluctuations d'activités : les jeunes et les seniors. Il n’y a pas de masse de travail suffisante pour ces deux groupes et les cotisations retraites seront donc une succession de minces opportunités. Imaginer faire travailler une personne, aujourd’hui âgée de 50 ans, jusqu’à 67 ans suppose un taux d’employabilité en forte augmentation alors qu’actuellement cette tranche d’âge présente 6 chômeurs sur 10 travailleurs. Compte tenu de la masse de travail en diminution constante, nous pouvons penser que la situation restera sur cette tendance. Nous nous trouverons donc en présence d’un transfert massif de cette population vers l’assistance chômage (prestations) car elle ne participera pas concrètement à l’activité en terme d’emploi.
La France n’a pas de structure industrielle suffisamment forte pour inverser cette tendance et il faut donc dès maintenant s’organiser pour accueillir un grand nombre de seniors dans le cadre de prestations chômage jusqu’à l’âge de 67 ans. En parallèle, les jeunes doivent s’orienter vers un financement de leur retraite à l’aide de souscriptions volontaires auprès d’assureurs spécialisés. Ces mêmes assureurs pouvant par ricochet abonder le financement des prestations chômage des plus anciens.