Rire, à en pleurer ?
Il y a des situations qui conduisent à éclater de rire, tant elles sont grotesques. C'est le cas de toutes ces manipulations à caractère financier, et plus ou moins stratégique, qu'opèrent les grands de ce monde : du pétrole irakien, avec Messieurs Bush Jr et Cheney, à M. Madoff (ancien patron du Nasdaq) en passant par la SG et Lehman brothers (et avec elle près de 40 autres banques américaines en faillite complète en 2009, contre 3 en 2007) on constate que non seulement l'argent rend fou mais, en plus, il nous fait tomber en totale hilarité. Sauf qu'ici il ne s'agit pas de thérapie et les morts (bien mort pour certains, comme en Irak, ou professionnellement comme tous ces gens qui ont perdu leur job ou leurs économies) sont là pour nous rappeler que ce rire nerveux est d'une tristesse affligeante. Par contre, il y a des rires heureux, salvateurs, que nous procurent de vrais et gentils clowns, et à l'intérieur même de l'entreprise, dans le cadre d'interventions et de formation (dont le management) : c'est le cas de Nathalie Normand et sa ClowNATHtitude*. D'ailleurs, quelle jolie appellation ! La clown-attitude pour donner un éclairage intelligent, un regard certainement plein d'acuité, sur notre manière de se comporter et d'agir envers les autres et envers soi. Je serais assez tenté de déclarer ces interventions d'utilité publique. Mais la concurrence est rude, avec tous ces autres clowns qui jouent le rôle de maîtres du monde. Certains sont en prison, d'autres bientôt, et les autres sont en sursis (attentats, destitution, échecs électoraux etc.). Vive la clowNATHtitude, la vraie, celle qui nous fait rire franchement et sans complexe !
Sur le web, sortez couvert !Le web est une toile qui relie les idées et les personnes, souvent sans que cela ne se sache même si les "victimes" sont consentantes. Se montrer sur internet n'est pas un acte anodin et en guise de visibilité se met en place une sorte de voyeurisme dont on ne peut pas se plaindre. Il faut savoir ce que l'on ne veut pas et s'exposer publiquement (et mondialement) n'est pas sans risque. Mais ce voyeurisme a aussi son côté positif si la démarche de celui ou celle qui vous regarde en découvrant votre profil (blog, messages, forums, photos, CV en ligne etc.) le fait dans un esprit de discrétion et de respect. Dans ce cas, du voyeurisme on passe à la prise de connaissance d'informations que vous mettez à disposition, charge pour la personne qui les lit d'analyser objectivement ce que vous "racontez". D'où la nécessité de faire attention aux contenus que vous mettez en ligne, car si vous optez pour une forme volontairement décalée et provocatrice sur un site, puis, sur un autre site, pour une forme plutôt sérieuse et professionnelle, il faut savoir, puisque tout se recoupe, que votre "image" sera concrètement multiforme ce qui peut en brouiller la lecture et rendre le tout un peu "spécial". Les entreprises sont nombreuses à chercher des données publiques sur vous, et récolter ces informations vous met en situation de transparence. La mise à nu n'est pas très loin dans ces conditions, alors c'est à vous de vous.. protéger ! Nouveaux comportements
Lorsqu’une entreprise recrute, les candidats présélectionnés sont très souvent invités à se déplacer au siège ce qui implique certains déplacements longs et coûteux. Sur cet aspect, il semblerait beaucoup plus rationnel que l’entreprise se déplace elle-même, en envoyant son RH ou un autre collaborateur concerné par le recrutement, afin d’éviter des voyages de présentation purement formelle aux personnes dont le profil n’est, dans ce cas, qu’une piste plus ou moins intéressante. Ensuite, lors d’une seconde sélection, faire venir 2 ou 3 candidats à la Direction Générale, semble effectivement mieux adapté. Nous devons apprendre à mieux gérer notre façon d’approcher les individus, futurs employés ou clients, mais aussi les citoyens, en développant une empathie et une économie de moyens respectueuses des personnes. L’image qu’une entreprise donne d’elle, comme celle d’un élu, ou encore celle d’un manager, est la "marque", la "référence" qui apportera ce " plus" dans la relation à l’autre, cette relation faite de modestie, de respect et d’efficacité. Nous sommes arrivés depuis quelques temps dans un environnement social qui tend à reformuler les relations entre les acteurs de la vie dans l’entreprise mais aussi dans la vie quotidienne. Se présenter comme le détenteur d’un pouvoir, montrer ostensiblement celui-ci, vouloir en imposer et impressionner n’est plus, justement, quelque chose d’impressionnant et cela peut même tourner au ridicule et donner une image de soi très désagréable, en privé, dans les affaires ou en politique. Nous nous situons dans une période, durable, d’équilibre et de décence dans nos relations avec « les autres » et ne pas le comprendre ne pourra que porter tort à celui qui ne sait pas s’adapter à cette nouvelle donne.
Travail et suicides
Pour France Telecom, les suicides dans l’entreprise posent un dramatique problème entre cohésion et efficacité. Rendre plus efficace le travail ne peut pas se faire uniquement par des mesures générales applicables au plus grand nombre sans « penser » ce que font les gens, leurs cultures et leurs sensibilités. Confronter les salariés à un concept de rentabilité ne peut se faire qu’à partir du moment où la compréhension même dudit concept est parfaitement assimilé. Pour bien comprendre dans quels buts (tant au profit de l’entreprise que pour le salarié), avec quels outils (techniques et technologiques, formations), et quelles perspectives individuelles (en terme de promotion essentiellement). Si le manque de visibilité sur l’un de ces points vient à s’accentuer, on peut craindre que l’ensemble ne se trouble concrètement pour aboutir à une démotivation ou, pire, une démission (dans le sens de l’abandon de sa propre identité). Il semble urgent d’introduire dans la gestion des postes un contenu directement lié à ces trois notions d’où un travail d’éclaircissement et d’accompagnement de fond. Sans cette volonté, le risque d’accidents ne pourrait pas se réduire facilement. Il faut donc agir très rapidement.
Former mais ne pas déformer
En formant, dans mes activités professionnelles, de nombreuses personnes pour différents métiers, je retire comme expérience un point qui me semble essentiel : former n'est pas formater et encore moins déformer. Faire apprendre à quelqu'un une technique, une approche, une méthode c'est avant tout donner des clés, des outils, pour permettre une évolution, une progression, une efficacité personnelles, des outils que chacun devra s'approprier selon sa sensibilité et son intelligence. Dès lors qu'il y a une bonne compréhension de l'utilité commune à tous de procéder avec une même base pour éviter des dérapages ou des interprétations erronées dans l'application concrète d'une fonction, vient ensuite sa manière propre de donner à cette base, ces "pré-requis" ou "fondamentaux" une personnalité qui fera ressortir pleinement et avec brio le charisme de tout individu. Donner sa personnalité ne veut pas dire "personnaliser" dans le sens, encore une fois, de déformer les choses. Ceci est un aspect sur lequel il faut être vigilant car dès qu'une personne rentre en possession de nouvelles "compétences" la tentation est grande d'en faire une affaire personnelle, un "faire-valoir" qui rendra opaque la démarche professionnelle. Ceci vaut autant dans les fonctions commerciales, managériales, intellectuelles, politiques ou syndicales..